Nos lecteurs nous écrivent . « L’Abeille de France ». Janvier 1981. Page 28

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Monsieur le Rédacteur,

La « rubrique du néophyte » de novembre m'offre l'occasion, attendue depuis plusieurs années, de vanter les qualités d'une ruche certainement méconnue parce que mal connue : je veux parler de la ruche mixte Leroy, dont la photo figure en haut et à droite de la page 387 de l'A.F. 1980.

J'ai été chargée du rucher de mon monastère en 1972, pour remplacer la sœur apicultrice tombée gravement malade et décédée en 1976. Du jour au lendemain puis-je dire, je me suis trouvée embarquée dans une aventure sans la moindre compétence. Je n'avais pour moi que l'amour de la nature, du calme, du silence, et l'attrait des abeilles, sans pourtant en avoir jamais vu.. Il y avait alors 15 ruches de 6 modèles différents : Dadant, Leroy, Dugat, Bretagne (trapézoïdale), Bournat feuilletable ruche vitrée dont j'ai oublié le nom.

Le premier conseil judicieux que me donna alors M. Alin Caillas fut de ramener si possible cette diversité à l'unité, en 72 et 73, je me suis donc mise à l'œuvre pour éliminer les 4 derniers modèles cités, ce ne.tut ni simple, ni facile, surtout pour la néophyte que j'étais (et ne reste t'on pas toujours plus ou moins néophyte ? Mais enfin, j'ai réussi à m'en tirer, en ne gardant donc que 10 Leroy et 5 Dadant.

Or, a fil des années, je me suis aperçue que les Leroy avaient sur les Dadant une supériorité incontestable dans tous les domaines et en particulier au point de vue productivité. La 1ère miellée de ma région est celle du colza. Les cadres Leroy se remplissent dès le début de la floraison alors que les Dadant ne produisent que beaucoup plus tard.

De plus, le corps fixe de ces ruches les rend très économiques. Il n'y a aucune dépense de cire gaufrée pour garnir les cadres puisque les abeilles construisent absolument tout, selon leur instinct, sans avoir à se soumettre aux lois que leur impose l'homme.

C'est un bonheur de voir l'ardeur d'un essaim nouvellement enruché qui, en deux ou trois semaines, garnit le corps de beaux rayons parallèles qui se remplissent immédiatement de couvain et de miel. Si la saison est bonne, il n'y a même pas besoin de nourrir, la nature pourvoit à tous les besoins. Il m'est même arrivé de faire une récolte sur un essaim de l'année.

Par ailleurs, ces ruches sont extrêmement légères et faciles à manier, puisqu'elles sont construites en paille pressée, disposée verticalement et enfermée dans des plaques de bois déroulé, tout ceci étant d'un prix de revient modique.

Aristée termine sa rubrique en souhaitant voir apparaître une ruche légère, demandant très peu d'entretien, d'un prix abordable, dépourvu de tous ces accessoires inutiles du genre glissières, tirettes, etc... Mais ne seraient-ce pas là les propriétés de la ruche Leroy ?

Je déplore beaucoup qu'elle n'ait pas été commercialisée car je la trouve vraiment excellente, à tel point que je n'ai plus que ce modèle unique qui me donne le maximum de miel avec le minimum de travail et de dépenses.
Cette année, qui ne fut pas particulièrement faste, mes 10 ruches ont produit 250 kg de miel, soit une moyenne de 25 kg, je souhaiterais que tous les apiculteurs aient obtenu ce même résultat.

Sœur Stéphanie