A
PROPOS DE L'APICULTURE ECOLOGIQUE
Article
n° 2
POURQUOI
CHOISIR L'APICULTURE ECOLOGIQUE
OU S'Y RECONVERTIR ?
Apiculture
écologique pour qui ?
Les apiculteurs se divisent en deux catégories: les professionnels
et les non professionnels.
Pour les uns c'est un métier qui doit rapporter de quoi vivre,
pour les seconds, c'est un passe temps agréable, voir une passion,
qui permet de produire plus ou moins la consommation de la famille et
de quelques amis.
Voyons tout d'abord les non professionnels. Il y a celui qui voudrait
se lancer, qui ne sait pas trop comment faire et quel matériel
prendre, et celui qui a déjà quelques années de
pratique apicole traditionnelle derrière lui mais qui est déçu
et désabusé par les problèmes que rencontrent aujourd'hui
bon nombre d'apiculteurs, qu'ils soient professionnels ou non, et qui
ne sait plus à quel saint se vouer.
Pour les deux, c'est une opportunité nouvelle qui n'existait
pas jusqu'à maintenant et qu'il faut saisir.
Le premier n'a rien, pas de matériel, pas de pratique, il commence
à zéro. Le second possède généralement
une certaine quantité de matériel et quelques années
de pratique.
De ces deux cas de figure, c'est presque le débutant le mieux
placé car il a tout à apprendre mais ne sera pas gêné
par un savoir quelquefois bien encombrant.
Pour le second, à part son habitude de côtoyer les abeilles
qui lui donne un léger avantage côté pratique, il
va devoir faire abstraction de ce qu'il connaît en apiculture
et opérer un changement radical dans ses habitudes et ses pratiques
apicoles. Ce ne sera pas facile de se débarrasser d'un conditionnement
qui ne 1ui servira plus à rien, car lui aussi a tout apprendre:
la méthode, l'installation du rucher sa gestion, tout est différent.
Les méthodes écologique et traditionnelle étant
à l'opposé l'une de l'autre et incompatibles.
Pour les professionnels, la question est de savoir ce qu'ils veulent,
une grande quantité de miel courant ou un miel de très
grande qualité.
Les consommateurs devenant aujourd'hui de plus en plus exigeants sur
cette qualité, cette apiculture écologique arrive à
point pour leur permettre de faire une reconversion dans de bonnes conditions
et d'offrir à la clientèle un miel de toute première
qualité qui devra être classé à part car
gare aux tricheurs.
Même s'il doit coûter légèrement plus cher
que le miel que l'on a coutume de voir sur les étalages, il sera
vite le plus vendu.
De plus, la ruche écologique permettant de faire une récolte
déjà la première année, cela devra être
un point non négligeable pour l'apiculture qui envisage une reconversion
totale ou partielle de ses colonies.
Pourquoi
faire ce choix ?
Premièrement, pour une question de budget. L'investissement
tout à fait raisonnable que demande l'établissement d'un
rucher écologique est tout indiqué pour celui qui veut
commencer sans trop de frais.
Le matériel est limité, les ruches sont simples à
construire, il n'y a pas de cadre, pas de cire gaufrée, il ne
faut pas d'extracteur, la pièce la plus coûteuse est le
maturateur qui peut être acheté d'occasion. Il ne servira
pas à faire mûrir le miel, mais simplement à le
recueillir lors de l'extraction qui se fait par gravité.
Deuxièmement,
pour les prestations minimes que demande cette méthode. La visite
des ruches se fait très simplement sans les ouvrir. Il suffit
d'être bon observateur et de savoir ce qu'il faut regarder avec
attention.
Troisièmement
pour le miel que cette méthode permet de produire. Un miel pur
tel qu'il n'en n'existe pas à l'heure actuelle sur le marché.
Un miel qui a mûri naturellement dans des alvéoles de cire
fraîche (généralement moins de trois mois), qui
est juste à point. Un miel qui n'est pas turbiné par l'extracteur,
qui a gardé tous ses composants les plus volatils. Un miel qui
passe de la ruche dans les pots en quelques heures sans subir la moindre
manipulation ni altération d'aucune sorte. Le meilleur des miels.
Quatrièmement,
cette méthode permet d'éviter totalement l'usage de produits
chimiques dans les ruches. Ils sont maintenant employés couramment
pour combattre le varroa (parasite le plus dangereux que les abeilles
ont à affronter) et bien que certaines règles soient d'application
dans leur utilisation, il serait vain de penser qu'il est possible de
préserver complètement la ruche, les cires et le miel
d'une certaine contamination par les produits actifs.
Cinquièmement,
la méthode étant basée sur le mode de vie naturel
de l'essaim sauvage, les abeilles recouvrent très vite la vigueur
nécessaire pour se défendre contre les maladies et les
parasites.
Au début de l'expérience, il peut y avoir quelques problèmes
dus à la faiblesse des colonies qui sont forcément issues
de ruches modernes, mais si elles parviennent à s'installer dans
le contexte écologique, on est sûr d'avoir toujours des
abeilles en bonne santé.
Sixièmement,
l'hivernage est une épreuve assez dure pour une colonie d'abeilles,
surtout si elle se trouve dans une grande ruche moderne.
Dans la ruche écologique, et nous y reviendrons en détails
ultérieurement l'hivernage se fait dans les meilleures conditions
possibles.
Et enfin, il ne faut pas oublier le côté enseignement et
découverte du monde des abeilles, le vrai, et de leur milieu
naturel qui est une aventure passionnante. A les regarder vivre, travailler
comme elles le font à l'état sauvage, en découvrant
une organisation parfaite, l'on reçoit une grande leçon
de sagesse et d'humilité.
La compréhension des mécanismes précis qui sont
présents tout au long de leur existence fait apparaître
combien il est dangereux de bouleverser leur mode de vie et pourquoi
nous en sommes là aujourd'hui en apiculture traditionnelle. Le
monde apparaît alors dans toute sa fragilité.
Dernier argument
: faut-il attendre que les abeilles soient encore plus gravement
touchées et qu'il faille recourir à de nouveaux produits
chimiques ? Ce sera l'escalade et que sera alors le miel ? Aujourd'hui,
nous avons le choix.
Auteur : Jean-Claude
Guillaume
Ouvrage
de référence (nouveau) :
L'APICULTURE ECOLOGIQUE de A à Z.
M. Jean-Claude GUILLAUME
49 Le Romaguer
66740 VILLELONGUE-DELS-MONTS
FRANCE |
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