A
PROPOS DE L'APICULTURE ECOLOGIQUE
Article
n° 8
COMMENT
LIRE UNE RUCHE ECOLOGIQUE ?
La
compréhension des observations qui sont faites à l'avant
des ruches c'est-à-dire au trou de vol, et à l'arrière
par les vitres des hausses, permettent de savoir sans les ouvrir,
ce qui se passe à l'intérieur et de déterminer
ainsi les actions à prévoir.
Ceci ajouté à l'observation attentive de la flore environnante,
permet de conduire le rucher écologique sans jamais ouvrir
les ruches, si ce n'est pour la récolte du miel et l'opération
de transvasement qui s'accompagne ou non de la décontamination
contre le varroa.
Ceci est un avantage énorme par rapport aux ruches modernes,
car ouvrir une ruche provoque un refroidissement dommageable et perturbe
la colonie qui doit travailler ensuite pour réparer le mal
qui a été fait et cela ne se fait pas sans une consommation
de miel conséquente.
Une des raisons pour laquelle les abeilles d'une ruche écologique
sont étonnamment calmes, c'est qu'on les laisse travailler
en paix et qu'on n'ouvre seulement les ruches que deux fois par an.
A ce propos, les opérations qui consistent à remplacer
un plancher ou à ajouter une hausse ne sont pas à considérer
comme une ouverture de ruche car la colonie est en sécurité
dans les hausses supérieures et on ne touche pas au toit.
Certes le dessous de la ruche est mis à l'air libre un court
instant, mais compte tenu qu'il n'y a pas de courant d'air, la température
de la ruche n'en n'est pas sérieusement affectée.
La connaissance de ce qu'il faut observer et de ce qu'il faut en déduire
devient très vite une routine qui permet à l'apiculteur
de faire un diagnostique rapide.
La longue liste des observations possibles décrites ci-dessous
est significative et démontre bien tous les avantages de cette
ruche écologique qui permet à l'apiculteur de suivre
très facilement son rucher sans perte de temps et sans déranger
les abeilles.
Observations
à faire au trou de vol
Ces observations
peuvent être effectuées tout près des ruches,
mais également à distance à l'aide de jumelles
ou d'un puissant téléobjectif sur pied.
On peut alors s'attarder un peu sur chacune des planches de vol et
analyser à son aise les observations qui y sont faites.
-
Les abeilles vont et viennent régulièrement sur la
planche de vol: la colonie travaille normalement.
-
Les butineuses qui reviennent ratent la planche de vol assez régulièrement:
les abeilles sont affaiblies; il y a un risque de maladie.
Action: colonie à surveiller de près et à détruire
si la maladie se confirme.
-
Un paquet d'abeilles bouche l'entrée du trou de vol à
l'intérieur de la ruche: les abeilles ont froid et ont du
mal à chauffer la ruche.
Action: mettre la portière d'hiver, voir si elles ont à
manger surtout si la température est basse. Mettre éventuellement
la ruche en bâtisse chaude.
Ces actions à prendre dépendent de la saison à
laquelle sont faites ces observations.
-
Un paquet d'abeilles est massé sur et sous la planche de
vol et au trou de vol (fin mai, début juin) : les abeilles
font la barbe et sont prêtes à essaimer.
Action: on peut encore tenter de stopper l'essaimage en effectuant
le transvasement total sans attendre.
-
Les butineuses atterrissent toutes sur le même côté
de la planche de vol et peu après changent de côté:
elles atterrissent sur le côté qui correspond à
la localisation de la reine à l'intérieur de la ruche.
Ceci est normal.
-
Grande activité au trou de vol et nombre d'abeilles anormalement
élevé: la ruche est l'objet d'une attaque de la part
d'une autre colonie en vue d'un pillage. Ceci peut arriver surtout
après la récolte du miel. C'est la raison pour laquelle
cette portière d'hiver doit être mise systématiquement
dès que la récolte est effectuée.
Action: aider les abeilles par un premier remède de fortune
qui consiste à jeter si possible, des brins d'herbe devant
le trou de vol, et ensuite, en plaçant la portière
d'hiver aussi rapidement que possible. L'entrée ainsi réduite
est plus facile à défendre. Si cela est possible on
peut aussi arroser à l'aide d'un jet d'eau en très
fin brouillard.
-
Affluence de mâles à la planche de vol, dont de nombreux
cadavres entre le 15 juillet et le début août: c'est
la période de la mise à mort des mâles. Ceci
est naturel.
-
Affluence de mâles à la planche de vol du décontaminateur,
dont de nombreux cadavres entre le 15 juillet et le début
août: c'est la mise mort des mâles provoquée
par leur inutilité dans la nouvelle organisation de la colonie.
-
Activité ralentie sur la planche de vol et au trou de vol.
Abeilles qui se traînent sur la planche de vol: abeilles affaiblies
par la maladie et peut-être aussi par le varroa.
Action: colonie à détruire.
-
Abeilles battant des ailes au trou de vol: les abeilles ont trop
chaud, elles ventilent.
Action: voir si le rucher n'est pas trop exposé au soleil,
si c'est le cas, il faut y remédier et dans un premier temps
faire de l'ombre avec des branches coupées.
L'installation d'un rucher demande un certain aménagement,
nous y reviendrons, mais il faut savoir que le plein soleil n'est
pas bon, pas plus qu'un endroit trop froid et dans un courant d'air.
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Présence de déjections sur la planche de vol (diarrhée):
les abeilles sont probablement malades.
Action: colonie à détruire si la maladie se confirme.
-
Les abeilles courent dans tous les sens donnent l'impression de
chercher quelque chose et sont désorganisées: elles
ont perdu leur reine, c'est une ruche orpheline.
Observations
à faire par les vitres arrières des hausses.
Ces observations
doivent être aussi courtes que possible et réalisées
de préférence par beau temps pour ne pas refroidir inutilement
la ruche. Il n'y a pas de double vitrage !
-
La vitre est chaude ou tiède: la ruche "fonctionne"
bien. Si cette constatation est faite à la première
inspection après la période hivernale, la ruche a
bien "redémarré" et est au premier couvain.
-
II y a de la buée sur la partie interne de la vitre: les
abeilles travaillent à réchauffer la ruche. Ceci est
consécutif à une baisse soudaine de la température
ou peut l'annoncer et la devancer.
Action: mettre éventuellement h ruche en bâtisse chaude
si le problème tend à perdurer.
-
Alvéoles operculées côté vitre à
la fin de la période hivernale: les abeilles ont encore des
réserves de nourriture.
Attention de ne pas ouvrir les cache vitres avant la première
inspection qui a lieu après le vol de propreté.
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Alvéoles désoperculées côté vitre
à la fin de la période hivernale: les abeilles n'ont
plus de réserve de nourriture (observation très rare
avec la ruche écologique).
Action: nourrir au sirop de miel.
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Construction des rayons presque achevée dans la hausse inférieure
à la belle saison: les cirières ne vont bientôt
plus avoir de place pour construire.
Action: ajouter une hausse supplémentaire par le bas.
-
Alvéoles de la hausse inférieure operculées
côté vitre à la miellée: les abeilles
n'ont plus de place pour construire ni stocker. On a trop attendu
pour ajouter une hausse. Il ne faut jamais arriver à ce stade.
Action: ajouter une hausse très rapidement.
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Construction anormalement lente après l'opération
de transvasement: les abeilles sont affaiblies et probablement malades.
Action: colonie à détuire si la maladie se confirme.
-
Code des couleurs pour ce qui concerne le cires. Il facilite grandement
la lecture de cette ruche.
- Cire blanche: cire fraîche ne contenant pas de couvain.
- Cire jaune: cire contenant la 1ère couvée.
- Cire jaune brun: cire contenant la 2ème couvée.
- Cire brune: cire contenant la 3ème couvée.
- Cire brun noire: cire contenant la 4ème couvée,
cette cire va garder cette couleur pour les autres couvées
à venir.
-
Déjections sur le plancher (diarrhée): le abeilles
sont probablement malades.
Action: Colonie à surveiller de près et à détruire
si la maladie se confirme.
-
Une centaine d'abeilles mortes sur le plancher de la ruche à
la sortie de la période hivernale: mortalité normale.
-
Alvéoles operculées côté vitre à
la hausse supérieure au printemps: les abeilles ont déjà
bien travaillé, cette hausse est pleine de miel.
-
Alvéoles non operculées dans les hausse; qui doivent
être retirées à la récolte du miel: le
miel n'est pas mûr ou bien il n'y a pas de miel.
Action: attendre pour récolter le miel, problème à
définir avec d'autres observations complémentaires;
maladie ou autre.
-
Alvéoles operculées côté vitre dans les
hausses qui doivent être retirées à la récolte
du miel: le miel est mûr et peut être récolté.
Observation qui doit précéder la récolte du
miel.
-
II y a des mâles dans la ruche: il y a donc du couvain.
Cette observation et cette indication sont nécessaires pour
envisager d'effectuer le transvasement total.
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Boule d'abeilles dans le bas de la hausse inférieure (fin
mai, début juin): formation de l'essaim en vue de l'essaimage.
Action: effectuer l'opération de transvasement sans attendre.
-
Jeunes abeilles sur les rayons au printemps: le premier couvain
est éclos.
-
Les abeilles s'affairent autour des joints des hausses après
le transvasement ou la mise en place d'une hausse supplémentaire:
les abeilles sont occupées à souder les hausses avec
de la propolis. Cette observation peut être faite aussi bien
à l'intérieur qu'à l'extérieur de la
ruche.
-
Activité ralentie, les abeilles se déplacent lentement
sur les rayons: colonie malade ou trop parasitée. Action:
colonie à détruire.
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Population trop importante de mâles: la ruche a perdu sa reine
et est bourdonneuse: colonie à détruire; les mâles
sont les principaux porteurs de varroas.
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Présence de mâles dans la ruche après la mi-juillet:
la colonie n'est pas en très bonne santé et a gardé
des mâles en vue d'une supercédure (remplacement de
la reine).
Action: colonie à surveiller jusqu'à la mise à
mort de ces mâles.
-
Les butineuses ramènent du pollen; les entrées et
sorties sont régulières et disciplinées: la
colonie travaille, tout va bien.
Observation à faire à l'arrière de la hausse
inférieure.
-
Les vitres arrière permettent d'observer très facilement
l'abdomen des abeilles lorsqu'elles se promènent dessus.
Il est alors possible avec une loupe, d'examiner s'il y a ou non
présence de varroas, et de déterminer si une ruche
est contaminée.
Pour ce qui concerne
les symptômes de maladies, il faut savoir qu'effectivement cela
peut arriver au début de la reconversion à la ruche écologique
ou au démarrage d'un tout nouveau rucher. En cause, la provenance
de essaims et leur santé qui n'est peut-être pas très
bonne au départ, mais cela n'arrivera plus lorsque qu'ils seront
adaptés et qu'ils auront repris des forces dans la ruche écologique
pour autant qu'on applique les règles sans tricher.
La ruche écologique leur apportant tout ce dont les abeilles
ont besoin: un habitat sain et aux dimensions idéales, du miel,
du pollen et de la propolis en quantités suffisantes.
Dans les actions à prendre en cas de maladie, il ne faut pas
faire de compromis. Une colonie malade doit être détruite
avant que cela ne gagne tout le rucher. Une sélection rigoureuse
au départ est également un gage de réussite.
Une colonie ne deviendra jamais malade dans une ruche écologique,
mais celle-ci ne peut quand même pas faire de miracle et guérir
une colonie qui est malade en y arrivant.
J.C. Guillaume
Ouvrage
de référence (nouveau) :
L'APICULTURE ECOLOGIQUE de A à Z.
M. Jean-Claude GUILLAUME
49 Le Romaguer
66740 VILLELONGUE-DELS-MONTS
FRANCE |
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